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Succès du 12e congrès de l’ATF Flexo

ATF Super FlexoStarLe 12e Congrès de l’ATF-Flexo a démontré la capacité de l’Association à se renouveler

Avec plus de 200 participants, des tables rondes en lieu et place des habituelles interminables présentations et la présence d’élèves d’écoles des arts et industries graphiques, le 12e Congrès de l’ATF-Flexo a démontré la capacité de l’Association à se renouveler. Une démarche appréciée par l’ensemble des professionnels présents.

Disons le tout de go, la flexo n’a pas fini sa mue ou plus exactement sa crise de croissance, et comme une vraie ado, elle se regarde dans le miroir et veut se trouver aussi attrayante que les autres procédés d’impression plus chevronnés. Et que je suis aussi belle que l’offset et que je vais aussi vite que l’hélio, etc. Pourtant quand on a cent piges bien tassées, on n’a plus besoin de piquer les fringues des grandes sœurs pour faire cool. Normalement.

Il y avait d’ailleurs tout un symbole dans l’appellation du lieu où s’est tenu le Congrès le 19 novembre dernier : le Pavillon Dauphine. La Dauphine, chez les Miss, c’est celle qui a failli gagner et qui toute sa vie ressasse cette défaite : on ne peut nier à entendre les intervenants que la flexo fait un peu le complexe Poulidor. Et pourtant, pour donner de l’espoir à la profession, rappelons que, historiquement, la Dauphine est celle qui va remplacer la Reine. Le thème du Congrès « Evolution, révélation » tendait à vouloir prouver que l’heure du couronnement approchait à vitesse grand V. Et la qualité des travaux primés lors des FlexoStars pouvait confirmer cette espérance.

La gravure fait le point

Rien de pire pour des tables rondes que de tourner en… rond. Ce ne fut pas le cas tout au long de la journée du Congrès. Quelques deux cents participants s’étaient donné rendez-vous en lisière du Bois de Boulogne, non pour aller aux champignons, ou aux Brésiliennes, mais pour faire le point sur la flexo et partager expériences et innovations. Le Président de l’ATF Flexo, Jean-Jacques Caussarieu, avait eu la bonne idée d’inviter des élèves des plusieurs écoles spécialisées (Esepac, Estienne, Strate College, CIFOP, etc.). Une initiative à saluer car loin des « faukon » et des « yaka », elle avait le mérite de faire du prosélytisme pour la flexo à une quarantaine de jeunes en espérant qu’avec le bouche à oreille, l’information serait démultipliée.

Le président Caussarieu, reconduit la veille du congrès à la tête de l’AssociationLe président Caussarieu, reconduit la veille du congrès à la tête de l’Association à l’occasion d’un renouvellement du bureau, soulignait cette démarche et rappelait l’ensemble des actions menées à l’ATF Flexo : « Il se passe des choses à l’ATF ». Il rappelait le travail mené depuis quelques années, à l’initiative de son prédécesseur, Dominique Brument, dans le domaine de la normalisation du procédé destinée à répondre à l’attente de donneurs d’ordre transfrontières. Il annonçait la reparution prochaine des Cahiers techniques de la Flexo et du Guide de la Flexo réalisé en partenariat avec Etiq&Pack. Se félicitant du succès des Ateliers régionaux, qui avaient permis à l’Association de s’ouvrir plus profondément au tissu local et de recruter des membres, il annonçait que la commission formation menée par Françoise Gubler, se musclait avec l’arrivée de Marc Cottarel (néo-retraité) et le retour de François Bourrillon de l’IRFIP. Il rappelait que l’ATF Flexo allait déménager et rejoindre les locaux de l’UNIC, boulevard Saint-Marcel.

Tout de suite après cette brève allocution d’accueil, commençait la première table ronde animée par notre confrère Yvon Guémard du magazine Caractère : « Pré-presse et forme imprimante : productivité et green attitude ». Si le respect environnemental passa au second plan (c’est un euphémisme, vu qu’on en parla très très peu), ce premier débat fut très intéressant. Christian Roche (EskoArtwork) expliqua ce qu’était la HD Flexo dont le groupe belge nous rebat les oreilles depuis le printemps (voir page16 de ce numéro le détail du système et son installation chez Flexocolor). Cette nouvelle technologie de conduite logicielle associée à une optique encore plus précise permet de graver à 2640 et 4000 dpi et donc de rivaliser, je vous le donne en mille, avec la qualité hélio. A tous ceux qui viennent de s’équiper d’un CDI pas encore HD, Christian Roche a promis qu’il était possible de mettre à niveau leur système pour un coût modéré, environ 50 000 euros à mettre en perspective avec les 700 000 à 1 million d’euros qu’il faut escompter investir pour un nouveau CDI.

Pierre Paul Moyson (Asahi) a présenté les différents types de plaques et a bien sûr insisté sur les plaques à l’eau que propose désormais le fournisseur japonais. Selon lui, elles sont plus précises que les plaques solvant ; elles font gagner du temps puisqu’il n’y a plus d’attente de manipulation en fin de séchage et qu’elles sont prêtes en 50 minutes ; enfin, elles ne nécessitent que 5 litres d’eau au m2.

Damien Letterrier (McDermid) a disserté sur l’évolution des polymères utilisés qui a permis de réduire les cycles de fabrication de quelque 30 % pour les plaques destinées à l’impression d’ondulés par exemple. Il a ensuite souligné l’intérêt du procédé LAVA de son entreprise et sa capacité à être utilisé tant en gravure solvant que thermique. Francis Gauthié (MediallianceGraphic) a donné un rapide historique du manchon (porte-clichés, intercalaire et impression) de la base nickel des débuts aux polyuréthanes les plus sophistiqués d’aujourd’hui.

A propos de manchons, Ralf Mühl (Flint) a énuméré les avantages des manchons sans raccord permettant une qualité égale à l’hélio tout à apportant à la flexo des gains de temps (pas de monte des clichés, calage plus rapide puisque contrôle effectué pendant la gravure) et des tirages plus rapides, jusqu’à 600 mètres minute car la matière tient mieux sans raccord. Il a aussi ajouté que l’on enterrait un peu vite les technologies solvant en précisant que les solvants en circuit fermé étaient eux-aussi respectueux de l’environnement. A ceux qui s’interrogeaient sur la HD, il a rappelé que pour l’impression fiduciaire, la gravure atteint déjà 8000 dpi sur les plaques typo.

Philippe Coulonnier (Miller Graphics) a présenté la gravure directe laser sur manchon dont il dispose dans son usine de Limoges, qui permet d’augmenter la productivité, évite la chimie et réduit donc l’impact économique du recyclage. Enfin Dominique Bertrand (Lüscher) a réexpliqué les deux techniques d’ablation et de réticulation des clichés et a présenté la nouvelle 4Flex de son entreprise qui permet de graver des plaques pour l’offset, la flexo, la sérigraphie et la typographie.

L’indispensable accessoire

Rodolphe Paillez du magazine France Graphique eut le privilège d’accueillir l’annonce d’une nouveauté mondiale lors de la deuxième table ronde qui portait sur « Consommables des machines : économies et écologie ». Didier Naessens (Praxair) a en effet présenté en avant première une nouvelle gamme d’anilox : Génération ProLine. Ces nouveaux anilox à gravure ouverte, apporte une plus grande finesse du point d’impression (ça tombe bien avec l’arrivée de la HD) et une simplification de l’opération de nettoyage tout en permettant une gamme d’impression plus large avec les mêmes cylindres.

José Moreira (Apex) a enchainé sur la même idée en expliquant qu’avec la toute récente technologie d’Apex (la Genetic Transfer Technology) on pouvait remplacer 23 cylindres classiques par 15 cylindres GTT. Vincent Perquis (Indugraf) s’est étendu sur le biseau wing qui résiste mieux à la pression de la racle permettant une plus grande précision de l’impression des textes en diminuant la friction sur la céramique grâce à un lubrifiant spécifique et des aciers spéciaux. La racle travaille en effet de façon difficile en flexo où l’on ne peut régler son angle et où l’on se repose sur le joint pour équilibrer l’opération. Une bonne introduction pour Frédéric Gonzales (Promesser) qui a expliqué l’importance de la racle et des aciers utilisés dans la qualité de l’impression. Un acier de mauvaise qualité, a-t-il déclaré, s’use plus vite et ses particules en se dispersant endommagent l’anilox.

Jean-Dominique Turgis (Sun Chemical) a présenté le saut technologique que constitue pour lui le Wetflex qui permet l’impression wet on wet, c’est-à-dire sans séchage entre les couleurs et l’utilisation des encres EB (electron beam) sans solvant ni COV qui autorisent une vitesse importante (elles ont été testées à 500 mètres minute sur une Comexi) tout en réduisant la consommation d’encres de 40 à 75 % et ce pour quoi… pour atteindre la qualité hélio en flexo !

Andreas Schellenbach (Siegwerk) a continué cette antienne en discourant sur les progrès réalisés dans les encres pour la haute vitesse, clé de la compétition hélio-flexo, avec des encres solvant qui peuvent atteindre (selon les supports) 600 mètres minute et 300 mètres minute pour les encres aqueuses.

Impressions d’impression

Le déjeuner fut mis à profit pour continuer les discussions commencées en séance où un réel débat s’était institué entre les intervenants et les participants. Au menu de l’après-midi, une table-ronde sur « Machines d’impression : toujours plus vite », animée par Yvon Guémard (Caractère), a permis aux intervenants de parler de qualité et de contrôle des défauts.

Daniel Tatti (Bobst) s’est étendu sur l’impression post-impression d’ondulé (c’est-à-dire de carton ondulé déjà formé, par opposition à la pré-impression où l’on imprime une feuille que l’on vient coller à la sortie d’onduleuse sur les cannelures) et a expliqué que le contrôle de défaut mis en place sur les machines de son groupe était tel que le zéro défaut conduirait à éliminer tout produit imprimé ! Pour cette raison, les défauts sont définis par zone d’impression, ce qui évite de rejeter des produits imprimés de bonne qualité avec une pétouille dans une zone moins importante.

Lionel Cassiani Ingoni (PBH) s’est intéressé à l’automatisation des réglages sur les imprimeuses à tambour central. Aujourd’hui, trois systèmes automatiques sont déjà disponibles : la mise en pression (entre le porte-cliché et l’anilox), la mise en repérage des couleurs entre elles, l’alimentation des encres et le nettoyage (avec un ajustement contrôlé par spectro). Il annonce l’arrivée de la mise à la teinte automatique. Tous ces réglages automatiques n’ont évidemment pour objectif que d’améliorer le temps de calage et diminuer la gâche. Ramon Jonama (Comexi) a quant à lui présenté, avec Gaëtan Gartemann (Défi, distributeur de Comexi en France), une comparaison sur l’empreinte carbone d’une imprimeuse à tambour central d’aujourd’hui par rapport à une imprimeuse plus ancienne. Comme les machines les plus récentes produisent trois fois plus pour à peu près les mêmes rejets, l’empreinte carbone rapportée au m2 a donc été diminuée par trois (8 g environ au m2 imprimé en flexo aujourd’hui, contre 22,6 g auparavant).

La formation au cœur de la reconnaissance de la flexo

La quatrième table ronde, animée par Jean Poncet (Etiq&Pack), réunissait autour de Françoise Gubler (Dragon Rouge) présidente de la Commission Formation de l’ATF Flexo, des acteurs d’horizons divers de la formation : Olivier Michaud (5i Conseil), Caroline Neymarc (Universel Couleurs), Jean-Baptiste Raveleau (Ecole Estienne), Adeline Dimier (Esepac), Luc Debast (ISIP/CIFOP) et François Gondoin (Bobst) représentant la Commission Normalisation de l’ATF Flexo.

L’enjeu de la formation a été souligné par tous les participants ainsi que par des intervenants dans la salle, notamment l’ancien président de l’ATF Flexo, dg de Sical (Groupe Rossmann), Dominique Brument, mais aussi des représentants du CFA d’Avignon, de l’UNIC etc. Et cela à deux niveaux : pour trouver des conducteurs machines spécialisés flexo d’une part, pour familiariser les acteurs de la chaîne graphique au procédé flexo. Les élèves présents, même intimidés par le congrès, n’ont pu que confirmer la faible formation à la flexo dont ils bénéficient dans leurs écoles respectives.

Chacun a cependant fait un pas en avant, s’engageant qui à prendre des stagiaires, qui à soutenir des modules de formation spécifique flexo. Bref, tout le monde a juré ses grands dieux qu’il allait contribuer à améliorer l’offre de formation flexo. On pourra sans doute juger sur pièce lors du prochain congrès.

Tendance plaisir

Avant la remise attendue des FlexoStars, une ultime table ronde a été animée par Tiziano Polito d’Emballages Magazine avec Françoise Gubler (Dragon Rouge), Jean-Christophe Boulard (INDP) Vincent Joffre (Groupe Barbier), Dominique Vignon (Danone Eaux) et Jérôme Gros (MédiallianceGraphic). L’ensemble des intervenants a été d’accord pour dire que deux approches sous-tendaient l’emballage actuel : l’éco conception et l’emballage plaisir, ce que Jean-Christophe Boulard appelle, l’éco séduction. Etiq&Pack se penche suffisamment sur l’éco-conception pour en connaître l’importance aujourd’hui : les emballages s’allègent, les matériaux recyclés sont de plus en plus mis en œuvre, etc. Quand à l’emballage plaisir, c’est avant tout un emballage pratique « qui me parle », qui met en œuvre mes valeurs, qui me déstresse. La discussion aurait pu continuer, mais l’heure avait tourné et le Président décidait de clore les débats et d’appeler, après une courte pause, à la remise des FlexoStars.

Vous pouvez trouver l’intégralité du palmarès des FlexoStars dans l’encart de 32 pages que vous avez reçu avec ce numéro d’Etiq&Pack ou si vous l’avez égaré sur le site de l’ATF-Flexo. A la fin de la cérémonie (un peu longuette, mais 31 prix cela se mérite, malgré l’abattage de l’animateur et du président Caussarieu), l’ensemble des participants passa à table et entre deux animations (jeux de casino, contorsionnistes, tombola), fut remis le Super FlexoStar. Cette année, l’étiquette est à l’honneur puisque c’est Jean-Marc Pozza et André Bourel de SBE qui se sont levés pour recevoir le trophée.

Rendez-vous a déjà été pris pour l’année prochaine. La date devra tenir compte de la tenue du salon Emballage 2010, déjà.

Jean Poncet

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Paru dans Etiq&Pack n°33, novembre 2009

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