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Emballages / Marchés

L’emballage plastique et souple gonflé à bloc

Le secteur de l’emballage plastique et souple s’en sort plutôt pas mal et du coup se dit prêt à affronter la reprise.

Par rapport à l’année dernière, tout avait changé à la conférence de presse annuelle d’Elipso qui s’est tenue le 8 octobre à paris. En 2008, c’était le lancement de la nouvelle organisation au Fouquet’s sur les Champs-Elysées, de l’enthousiasme malgré des regards qui en disaient long sur l’économie du secteur, en progression mais touché de plein fouet par l’augmentation des matières premières. On a du mal à se souvenir aujourd’hui de la flambée spéculative du pétrole pendant l’été de cette année-là, balayée qu’a été notre mémoire par l’autre crise, celle dont on espère bientôt sortir. L’emballage plastique et souple, nouvellement réuni sous la houlette d’Alix Hubin, se plaignait alors  de voir ses marges tellement réduites que sa croissance l’empêchait presque de se développer.

En 2009, différent son de cloche : le nouveau président, Dominique-Paul Vallée (patron de Bericap France, le leader des bouchons plastiques refermables) a organisé l’événement à l’école de cuisine d’Alain Ducasse rue du Ranelagh à Paris, hors des sentiers battus mais quand même dans les quartiers chics, au milieu des fourneaux, mais pas n’importe lesquels. Au delà de ces efforts un rien facétieux de se démarquer, c’est l’ambiance qui est très différente : il y a un optimisme palpable tout au long de la réunion et ce ne sont pas les questions incisives des journalistes sur l’impact écologique des emballages plastiques, répétées à l’envi, qui parviendront à le mettre en berne.

Le dos rond pendant la crise

Le bureau d’Elipso a donc un sourire indéfectible ce jeudi-là. Et comme Elipso, avec ses 130 entreprises adhérentes (sur 320 recensées en France), représente entre 75 et 90 % du secteur selon les branches, on se laisse gagner par cet optimisme. 2008, c’est 7 milliards d’euros de CA pour les sociétés de l’emballage plastique et souple et leurs 40 000 salariés, soit 1 % de CA de moins qu’en 2007 et une baisse de l’activité de 2,5 % en volume. Et tout le monde est content, cela peut paraître d’autant plus étrange que le CA serait en baisse de 14 % au premier semestre et l’activité en retrait de 10 % en volume ! Pourtant, Elipso a mené une enquête auprès de ses adhérents d’où il ressort que les deux tiers d’entre eux voient la reprise en 2010 ((ils ont même maintenu leurs investissements pratiquement au même niveau, 5 % du CA, en 2009 pour être sûrs d’être prêts pour le redécollage).

Arborer un si grand sourire sur une prévision, n’est-ce pas vendre la peau de l’ours, etc. ? En fait, bien sûr, ils ne sont pas fous, et il y a une explication à cet optimisme. Le ralentissement économique est arrivé à un moment où les fabricants, à cause de la hausse des matières premières, voyaient leurs marges fondre tellement que la croissance de leur activité leur faisait presque perdre de l’argent ! Quand le pétrole est redescendu à un niveau de prix plus raisonnable (rappelez-vous le baril de plus de 150 dollars est tombé à 40) où il reste grosso modo grâce aux mécanismes des changes (euro fort), ils en ont pleinement bénéficié et sont donc aujourd’hui tout sourire.

Continuer les efforts

Bien sûr ça n’a pas été aussi simple et il faut saluer les entreprises du secteur qui ont maintenu dans leur grande majorité leur niveau d’emploi malgré des difficultés de financement dues au resserrement du crédit (toujours nié par les banques !) puisque les trois quarts d’entre elles disent avoir été touchées : un quart d’entre elles a eu de réelles difficultés sur le crédit à court terme et plus d’un tiers sur leur financement à moyen terme.

Grand bien leur a pris car aujourd’hui après un premier semestre 2009 qui a frémi, plus ou moins, plus de la moitié des adhérents d’Elipso croit à une forte augmentation de leur activité au second semestre 2009 (c’est-à-dire en ce moment). Bigre, voilà une bonne nouvelle.

Elipso, bien sûr, y voit, avec raison, le résultat de l’innovation permanente de l’industrie de l’emballage plastique et souple comme l’a souligné Fabrice Roy (Sealed Air Food) et sa prise en compte toujours plus importante de l’impact environnemental décrite par Francis Pascal (Ono Packaging), en charge de ces sujets dans l’organisme professionnel. « Depuis vingt ans, 85 % des sociétés d’emballages plastiques ont procédé à une réduction progressive du poids de leurs emballages. Pour les 5 dernières années, cela représente 263 000 tonnes », a-t-il expliqué. Un chiffre à rapprocher des 2 millions de tonnes annuelles de déchets plastiques. Cette réduction à la source s’est accompagnée d’une politique de développement de la collecte, de la valorisation et du recyclage. Aujourd’hui, Elipso a pour objectif d’atteindre 35 % d’emballages plastiques recyclables et de développer le recyclage en boucle fermée. Il y a déjà par exemple des bouteilles plastiques d’eau qui contiennent de la matière première recyclée.

Nos confrères des rubriques écologie de la presse économique ou nationale ont tenté à la suite de ces déclarations de pousser les membres du bureau dans leurs retranchements en les assaillant de questions sur l’impact, présupposé néfaste, du plastique. Ils ne sont pas parvenus à les faire redescendre de leur petit nuage – il est humain d’avoir un peu d’orgueil quand on tient alors que tout s’écroule autour. Pourtant, toutes ces questions, en écho à l’attente des lecteurs, prouvaient que la partie était loin d’être gagnée et que malgré les initiatives et les efforts des industries du plastique et de l’emballage, l’opinion publique n’était pas encore gagnée. Encore du travail sur la planche pour Elipso. Au fait nous en oublierions presque de vous conseiller d’aller sur le site d’Elipso pour visionner deux petits films humoristiques sur la difficulté de vivre sans emballage. C’est exagéré et drôle.

# Jean Poncet

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Paru dans Etiq&Pack N°32 octobre 2009

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