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PRODUCTION * ENVIRONNEMENT

Défis et solutions pour le secteur de l’étiquette auto-adhésive

   FINAT supports à récupérer     Promotion du Développement Durable dans une Chaîne de Valeur Complexe, défis et solutions pour le secteur de l’étiquette autoadhésive, par Jules Lejeune, directeur général de la FINAT
Les étiquettes auto-adhésives, par leurs avantages, ont largement contribué au développement de l’emballage. Leur polyvalence, leur propreté et leur variabilité leur ont valu les faveurs de beaucoup de segments du secteur des biens de grande consommation, qu’il s’agisse d’aliments (à la fois comme étiquettes primaires et secondaires, ou pour la vente de marchandises « au poids » et d’autres applications à informations variables), de soins du corps, de produits d’entretien ou, tout particulièrement, de boissons.

Boom des boissons

La croissance mondiale des bières premium ces dernières années a dynamisé le marché des étiquettes autoadhésives partout dans le monde. Quant aux vins (en ce, aussi bien les grands crus que les qualités vendues en vrac dans les supermarchés), ils bénéficient aujourd’hui du fort pouvoir d’attraction dans les rayonnages que de courts ou longs tirages d’étiquettes peuvent créer, aussi bien par les procédés traditionnels que par l’impression numérique haut de gamme. Cette flexibilité a fait des « éditions limitées » une option praticable. Les fabricants de soft drinks « branchés », comme les frappés aux fruits, les jus et les boissons gazeuses, sont également des utilisateurs assidus d’étiquettes autoadhésives. Celles-ci autorisent une grande diversité de finis et d’effets innovants sur un large éventail de types de frontaux, dont des papiers texturés, des feuilles métallisées et des films (qui donnent un aspect « sans étiquette », très recherché sur un contenant transparent).

Le rêve de tout designer

Le complexe autoadhésif unique rend possible des découpes de formes exceptionnellement complexes – le rêve de tout designer – et il permet l’application de plusieurs étiquettes (frontale, contre-étiquette, collerette, etc.) en un seul passage sur la ligne de conditionnement. Enfin, la traçabilité, l’authentification des produits et les fonctionnalités d’inviolabilité sont autant de fonctionnalités pouvant être intrinsèquement offertes par une étiquette autoadhésive.

Questions de développement durable

 FINAT déchets   Comptant parmi les principaux contributeurs de l’industrie mondiale de l’emballage, le secteur de l’étiquette autoadhésive est tout aussi attaché que les autres à la cause du développement durable. Il doit toutefois faire face, dans ce contexte, à un certain nombre de défis uniques, du fait de sa chaîne de valeur extrêmement longue, complexe et spécialisée.
Le cœur de l’étiquette autoadhésive est le « sandwich » composé d’un frontal, d’un adhésif, d’une couche antiadhésive et du dorsal. En soi, ce complexe est une combinaison de plusieurs composants différents, à laquelle il convient d’ajouter les encres d’imprimerie et autre traitements en ligne qui contribuent à l’élaboration de l’étiquette finie, prête à être automatiquement apposée sur un produit. Aucun maillon séparé de la chaîne de valeur ne peut donner une image complète et détaillée du processus d’élaboration d’une étiquette autoadhésive. Pourtant, le secteur de l’étiquette autoadhésive doit surmonter cette complexité pour présenter un profil unique et unifié s’il veut pouvoir communiquer avec les marques, la grande distribution et in fine les consommateurs, et se poser ainsi en partenaire sur les questions environnementales.
Pour une association professionnelle telle que la FINAT représentant l’ensemble de la chaîne de production de l’étiquette (fournisseurs de matières premières, vernisseurs/pelliculeurs et transformateurs), il n’est que logique d’assumer cette responsabilité. La FINAT travaille depuis de nombreuses années à créer et actualiser des méthodes d’essais de performances normalisées et, elle s’est actuellement engagée, aux côtés d’un nombre croissant d’organisations sœurs dans le monde, à proposer un agenda formel et détaillé des actions à entreprendre pour rendre notre activité progressivement plus « verte ». Nous soutenons aussi activement une kyrielle d’initiatives dans le domaine du recyclage.

Initiatives environnementales

Là ne sont peut-être pas les principaux défis, mais encore une fois, la chaîne des valeurs est complexe, et l’on assiste, à beaucoup de niveaux, à une prolifération d’initiatives environnementales dans le contexte plus large de la fabrication des imprimés et des emballages. Il y a les systèmes de management environnemental comme ISO 14001, le Lean Six Sigma, et, plus spécifique au secteur, le LIFE (Label Initiative For the Environment) du TLMI (Tag & Label Manufacturers Institute), aux États-Unis. Les certifications de conformité d’origine, telles que FSC et PEFC pour les papiers, constituent une autre voie possible. Les règles propres imposées par les marques et les utilisateurs finaux à leurs fournisseurs, comme le Supplier Sustainability Assessment de Wal-Mart, ajoutent encore à la complexité. Alors que les fournisseurs de matières premières et les grands vernisseurs/pelliculeurs sont, pour l’essentiel, actifs à l’échelle mondiale, les transformateurs d’étiquettes sont généralement des petites et moyennes entreprises qui ont du mal à supporter une telle surcharge d’agenda. Quoi qu’il en soit, les entreprises membres de la FINAT à tous les maillons de la chaîne de valeur, s’activent individuellement à déployer des solutions technologiques afin de diminuer leur production globale de déchets en allégeant leur empreinte carbone ; de se conformer à la directive REACH, particulièrement pour ce qui concerne les adhésifs et les vernis ; d’étudier de nouveaux substrats d’étiquettes et de dorsaux ; et d’utiliser des matériaux plus minces sans nuire aux performances.

Profil sectoriel unique

Dans leur quête pour satisfaire les besoins des « 3 P » (Personnes, Planète et Profit), les entreprises individuelles opérant dans un environnement d’affaires concurrentiel peuvent toutefois se heurter à certaines limites. Ainsi, comme je le vois, une association telle que la FINAT a un rôle distinctif à jouer concernant la problématique de l’écoresponsabilité des étiquettes. À savoir : regrouper, dans un ordre du jour unique, les aspirations des multiples participants à la chaîne de valeur et représenter tous ses membres (dans le contexte plus large de l’industrie mondiale de l’emballage) face aux acheteurs ultimes de ses produits, c’est-à-dire les marques, la grande distribution et les consommateurs.

Global Packaging Project

Avec le Global Packaging Project (GPP) du Consumer Goods Forum, les marques et la grande distribution ont indéniablement mis sur pied une plate-forme de développement durable exceptionnelle. Ce projet fédère les plus grands fabricants et enseignes du monde, réunis, avec leurs fournisseurs d’emballages à tous les niveaux et les différentes associations professionnelles, au sein d’un groupe unique poursuivant des objectifs communs. Ce groupe s’est déjà entendu sur ce qui constitue désormais le cadre accepté d’un débat informé sur la problématique du développement durable à tous les maillons de la chaîne d’approvisionnement : le GPPS (Global Protocol on Packaging Sustainability). À travers un langage professionnel commun, qui transcende les limites de l’avantage commercial, le GPPS encourage un dialogue pertinent entre les clients et les fournisseurs sur les paramètres appropriés à utiliser pour mesurer le progrès environnemental. La FINAT y apporte son soutien actif, en représentant aussi bien les intérêts des milliers de transformateurs, en Europe et au-delà, qui fournissent les étiquettes finies aux utilisateurs finaux, que ceux de ses propres membres. Je crois personnellement que, si une quelconque initiative peut déboucher sur un véritable plan d’action en vue d’une combinaison optimale d’écoresponsabilité et d’adéquation à l’usage en matière d’emballages, ce sera ce forum mondial de fournisseurs et d’utilisateurs.

Directive européenne sur les déchets d’emballages

À un niveau régional, les étiquettes autoadhésives doivent respecter le prescrit de la directive européenne relative aux déchets d’emballages, qui prône le changement en Europe en mettant une législation en place et en prévoyant des sanctions financières en cas de non-conformité. Pour le secteur de l’étiquette autoadhésive, la gestion des déchets, le recyclage et la recyclabilité constituent des sujets prioritaires, surtout concernant un élément particulier du complexe : le dorsal. De par ses caractéristiques remarquables de manipulabilité sur la presse et dans l’applicateur, le dorsal est le « héros » du processus de transformation et d’application automatique de l’étiquette autoadhésive. Il est toutefois aussi perçu comme un problème par le lobby du recyclage, car, une fois l’étiquette autoadhésive apposée automatiquement sur le produit, le dorsal a rempli son rôle et devient donc superflu. Dans le projet final soumis récemment au Conseil des ministres, la dernière révision de la directive relative aux déchets d’emballages rejoint la définition que donne la FINAT du dorsal, considéré comme déchet de fabrication plutôt que comme déchet d’emballage, mais là n’est pas la fin de l’histoire. Dans les législations nationales de différents pays d’Europe, en ce compris les Pays-Bas et le Royaume-Uni, le dorsal usagé reste défini comme déchet d’emballage en fin de vie, et est de ce fait soumis à taxation. Une décision finale de l’Union européenne est attendue cet été, et dans un sens comme dans l’autre, elle aura un impact significatif sur la perception de l’étiquette autoadhésive par le marché. La FINAT reste toutefois d’avis que, sans le dorsal, les multiples avantages potentiels de l’étiquette autoadhésive (polyvalence, souplesse, précision, propreté, vitesse d’application, parfois multipliés au cours du même passage en machine), resteraient lettre morte.

Recyclabilité des dorsaux

Quelle que soit l’issue finale de la législation européenne sur les déchets, il est prouvé dans bien des domaines, que le dorsal, qu’il soit en papier ou en film, est recyclable malgré sa couche antiadhésive. La FINAT promeut et soutient des initiatives pratiques visant à mettre en place des programmes viables de collecte et de recyclage des déchets, qui deviennent de plus en plus actifs commercialement. J’encourage les marques et la grande distribution, ainsi que leurs transformateurs d’étiquettes, à s’unir et à s’engager dans un projet qui pourrait véritablement changer la donne pour le secteur de l’étiquette autoadhésive, en participant à des programmes formels de collecte des déchets de dorsaux.
Les dorsaux à base papier conservent la préférence pour l'immense majorité des applications d’étiquetage, et il se développe tout un choix de solutions de recyclage et de réutilisation. Les dorsaux à base film gagnent toutefois également des parts de marché, et, vu leur coût relativement élevé, leur collecte et leur recyclage constituent aujourd’hui une option envisageable, avec peut-être même la création possible à terme d’une source de revenus supplémentaires. Le dorsal PET usagé « propre » constitue une matière de base très prisée et il est prioritaire de développer, à l’échelle de toute la chaîne d’approvisionnement, une structure qui en rendra la collecte et le recyclage à la fois simples, financièrement intéressants et efficaces pour toutes les parties impliquées dans le processus.

Collecte des déchets

Les déchets de dorsaux, au bout du compte, sont générés chez l'emballeur, la marque ou l’enseigne de distribution, et ils sont donc largement hors de portée de la chaîne de production des étiquettes. La tâche primordiale de la FINAT est par conséquent d’agir dans le cadre du Global Packaging Project et d’autres initiatives prises par l’industrie de l’emballage, pour conscientiser les utilisateurs finaux sur la manière dont ils peuvent s’associer avec leurs fournisseurs d’étiquettes pour promouvoir le développement durable via le recyclage et la réutilisation des déchets de dorsaux.
En plus d’identifier, gérer et prendre à bras le corps des problématiques majeures telles que celle-ci, la FINAT continue de déployer une « coupole verte » pour ses membres, en leur assurant un soutien didactique permanent sur les bonnes pratiques de fabrication et de santé-sécurité environnementales. Parmi les sujets auxquels nous sommes actuellement attelés figurent la migration des encres et le maculage, l’utilisation des solvants, le séchage UV et d’autres problèmes rencontrés en salle des machines, les intérêts des utilisateurs (particulièrement dans le secteur de l’alimentaire et des boissons) restant au cœur des préoccupations.

Partenariat pour le succès

Donneurs d’ordre, marques et concepteurs d’emballages prennent de plus en plus conscience qu’ils ont à vendre des produits dans un environnement sans cesse plus exigeant sur la diminution de la consommation de matières et d’énergie et l’allègement de l’empreinte carbone. Les étiquettes autoadhésives peuvent les aider dans leur quête en leur offrant en plus une polyvalence et un attrait en rayons inégalés. Elles peuvent à juste titre apporter une contribution majeure à l’agenda de l’industrie globale de l’emballage en apportant leur pierre au développement de solutions véritablement écoresponsables, en partenariat avec les emballeurs, les marques et la grande distribution. Pour des initiatives de recyclage et de réutilisation actuellement centrées sur le secteur de l’étiquette autoadhésive, consultez www.finat.com

À propos de la FINAT
La FINAT, fondée en 1958 à Paris, et qui a son siège à La Haye, aux Pays-Bas, est l’association mondiale des fabricants d’étiquettes autoadhésives et des produits et services connexes. Avec 600 membres dans plus de 50 pays, la FINAT a beaucoup à offrir aux transformateurs d’étiquettes et à tous les fournisseurs de l’industrie de l’étiquetage en termes d’échanges d’informations et de possibilités de réseautage à l’international.
www.finat.com
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