Review Of Print

Login

PRODUCTION * REPORTAGES

Le groupe Barbier a plus d’un tour dans son sac

Extrusion BarbierEtiq&Pack s’est rendu à Sainte-Sigolène dans une implantation du groupe Barbier. Pour Serge Vassal, son pdg, il y a une vie après le sac.

On le sait, le sac de caisse a connu des jours meilleurs. Sous la pression écologiste, les chaînes de distribution y ont renoncé et les extrudeurs ont dû changer leur fusil d’épaule pour continuer leur activité. Profitant d’une réunion de l’ATF-Flexo organisée avant l’été au Puy-en-Velay, Etiq&Pack s’est rendu à Sainte-Sigolène dans une implantation du groupe Barbier. Pour Serge Vassal, son pdg, il y a une vie après le sac.

La région de Sainte-Sigolène dans le Massif central s’est fait une raison. Après avoir été mise à mal par la concurrence de l’Extrême-Orient, elle a été mise à l’index quand les cétacés et les tortues de mer ont commencé à se plaindre, aidés par des ONG virulentes, d’être étouffés par l’ingestion involontaire de sacs plastiques. Ç’a été l’hallali. Les sacs de caisse ont subi une véritable curée, au point de disparaître des caisses et d’être remplacés par des cabas en polypropylène tissé pas forcément meilleurs pour l’environnement (les encres utilisées pour les imprimer contiennent souvent du plomb et ils sont plus difficilement recyclables - et encore on échappe maintenant au PVC) mais avec un meilleur bilan carbone puisque réutilisables. Comme quoi, rien n’est simple ! Pour les grandes entreprises de la région, il a fallu renouveler ses débouchés. Le groupe Barbier a été l’un de ceux qui a réagi le plus rapidement. Sans doute parce que sa taille rendait les enjeux encore plus aigus.

Un leader de l’extrusion en France

Thumbnail imageLe groupe Barbier est en effet un poids lourd du secteur, avec un CA de 220 millions d’euros, quelque 130 000 tonnes de polyéthylène transformé par an, soit 20 à 25 % du marché français, il emploie 620 personnes et est non seulement le n°1 français mais aussi le septième européen, parmi une meute de challengers qui font 100 à 250 000 tonnes annuelles quand les deux leaders BPI et RKW culminent à 350 000 tonnes. Il faudrait d’ailleurs se demander si les Britanniques et les Allemands ont moins de soucis avec leurs écologistes ou s’ils ont trouvé d’autres débouchés pour les films polyéthylène quand on voit qu’ils représentent chacun près du triple du leader français. Mais revenons au Groupe Barbier.

La société a été créée par Abel Barbier en 1955, après un voyage aux Etats-Unis dont il est revenu fasciné par ce qu’il y avait vu. Dans une région de passementerie où il a lui-même une fabrique de sacs tissés de pommes de terre il bénéficie d’une main d’œuvre déjà qualifiée et bientôt désœuvrée. L’entreprise a prospéré. Aujourd’hui, les deux gendres du fondateur se partagent les responsabilités dans l’ombre tutélaire (Serge Vassal est épaulé par Loïc Baralon), d’un groupe particulièrement actif sur trois marchés : les films industriels qui représentent 50 à 55 % de l’activité (ils aident aux conditionnements des produits) ; les films agricoles (protection des semis et des plantations), environ 30 % des ventes ; enfin les sacs (sacs poubelles, sacs fruits et légumes, sacs poignées souples) pour environ 20 %. Chaque métier a ses sites dédiés et Firminy qui fabriquait les sacs de caisse a été transformé en plateforme logistique. Il faut dire que cette activité a pris une vraie claque : de 85 000 tonnes, il y a cinq ans, elle est tombée à 10 000 tonnes aujourd’hui. Malgré ce véritable tremblement de terre qui a secoué l’entreprise, Serge Vassal n’est pas pour les combats d’arrière-garde et se place dans le sens de l’histoire : « La fibre environnementale, nous l’avons. Notre activité films agricoles nous a amenés à une approche environnementale depuis longtemps. Notre matière première, le pétrole, est une matière rare, d’où la nécessité de l’éco-conception, la nécessité de se préoccuper de la fin de vie des produits, recyclage, régénération, valorisation ». Serge Vassal est un membre actif de l’association professionnelle des transformateurs d’emballages en matière plastique, Elipso, qui travaille notamment sur l’image du plastique très souvent montré du doigt et dénoncé comme le grand méchant loup de la pollution. Les emballages ne représentent pourtant que 3 % des déchets (plus en volume, il est vrai) et les emballages plastiques à peine un tiers de ces 3 %.

De nouveaux débouchés

Thumbnail image« Les films d’emballage commencent à être récupérés et donc valorisés. Et dans l’agriculture, on retrouve la même attitude. On régénère ou on valorise. Dans l’agriculture, les films sont très souillés, du coup on tend de plus en plus à utiliser des films d’origine végétale biodégradables selon la norme 13432 qu’on n’a pas besoin de collecter ».

Le groupe Barbier a un produit sur lequel il est particulièrement attentif : le sac poubelle. Il n’a pas de sacs poubelles à sa marque mais livre les grandes enseignes de la distribution. Au passage savez-vous pourquoi les sacs poubelles sont la plupart du temps noirs ? Il y a un côté visuel : le noir est plus discret et moins transparent car vous n’avez pas envie de voir vos déchets, mais en plus ça tombe bien, le noir est le colorant le moins cher, et en plus cela facilite la régénération, si votre sac est gris foncé au lieu d’être noir, cela ne vous perturbera pas !

Les PE (polyéthylènes) qui constituent les sacs produits par le Groupe Barbier sont une famille de plastiques très riche de densité inférieure à 1. Les granulés vierges ou régénérés peuvent recevoir des additifs qui les colorent mais aussi leur donnent des propriétés utiles : antioxydant, anti-UV, barrière UV. Du coup, les films utilisés dans l’emballage (plus de la moitié de l’activité du groupe Barbier, rappelons-le) ont de multiples applications : transports (gaines rétractables ou étirables) logistiques (emballages secondaires pour regroupement), sécurité (emballages retardateurs de flamme, anticorrosion, anti-termite, etc.) mais aussi films techniques pour la surgélation ou au contraire pour les prêt-à-cuire. Les différents mélanges, plusieurs dizaines chez Barbier, sont pour 60 % réalisés à la commande, les 40 % restants étant stockés : les films agricoles ont en effet une forte saisonnalité comme on peut s’en douter, les plantations étant peu réalisées en plein hiver !Novoflex Barbier

Le Groupe livre des films en bobines neutres ou imprimées. Après l’extrusion la bulle est montée par les structures de guidage en bois jusqu’à une hauteur où elle est pliée et puis bobinée. Le groupe Barbier dispose d’un parc de machines tout flexo et tout tambour central (notamment deux Comexi  de 900 et 1200 mm et deux Windmöller & Hölscher de 1650 mm avec un développement de 1250 mm – pas de la petite artillerie comme on dit) qui lui permettent d’imprimer jusqu’à dix couleurs. Enfin, il peut être procédé à la partie soudure avant bobinage définitif et préparation pour livraison.

Ainsi malgré une réorganisation de sa production le Groupe Barbier arrive-t-il à progresser de 7 à 8 % par an. Le poids des films a diminué de 15 % depuis 2005 et Barbier va devoir à nouveau progresser : dans le conditionnement, la part de marché de la gaine rétractable est en forte baisse et laisse la place au banderolage apprécié parce qu’il est automatisé et qu’il évite l’utilisation de chaleur (moins d’énergie dépensée, coûts diminués) et à la gaine étirable à froid. Cette dernière a les mêmes avantages que le banderolage en y ajoutant un « toit » qui donne une meilleure étanchéité. Bref, chez Barbier chez qui on sait faire, on regarde l’avenir avec confiance même si l’on y est très attentif.

# Jean Poncet

logo_etiqpack

 

Paru dans Etiq&Pack N°31 septembre 2009

 



Néosac, vers un renouveau du sac de caisse ?
Guy Samuel, directeur de Ribeyron est le porte-parole de l’association Néosac, créée le 4 avril 2005 avec le soutien de la Chambre de Commerce et d’Industrie départementale, qui rassemble les entreprises du bassin de Sainte-Sigolène qui ont décidé de réagir à la diminution du sac de caisse en proposant un produit plus respectueux de l’environnement : Alpack ; Groupe Barbier ; Colly et Martin ; Granger Frères ; Guérin Plastiques ; J&M Polymers et J&M Plast ; Leygatch ; Pichon Plastiques ; Ribeyron & Cie ; Sigoplast ; STTP Emballage.
Qu’est-ce que Néosac ? C’est un sac de caisse réalisé avec un film à durée de vie maîtrisée. Le film utilisé est toujours à base de polyéthylène mais il contient des substances pro-dégradantes qui permet ce qu’on appelle l’oxo-dégradation.
Tout a été fait sérieusement : les membres ont proposé jusqu’à 419 formulations différentes qui ont été testées et re-testées par le laboratoire du CNEP qui dépend de l’Université de Clermont-Ferrand et que dirige le professeur Lemaire. Seules huit formulations ont pour l’instant été retenues pour bénéficier du label Néosac, car qui dit association ne dit pas matériau unique, chaque entreprise a développé son propre film qui répond cependant au même cahier des charges.
Au bout de trois mois, le Néosac se fragmente sous l’action de la lumière, de la chaleur et de l’oxygène (fin de la pollution visuelle) et ces fragments se transforment en deux ou trois ans en particules bi-assimilables : les bactéries présentes à l’état naturel se chargent de transformer ces particules qui ne sont rien d’autres que de l’eau, du gaz carbonique et de la biomasse, sans générer de nuisance pour l’homme ou l’environnement. Et il est compostable en plus d’être comme tout film plastique (non complexé) facilement recyclable. Bref, si l’on ajoute qu’il respecte aussi les entreprises du sac, comme le dit Guy Samuel, qu’il est juste 30 % plus cher qu’un sac de caisse classique contre sept fois plus cher pour un sac de caisse d’origine végétale, on a bel et bien résolu la quadrature du cercle, en faisant plaisir à tout le monde.
Super, tout est donc bien dans le meilleur des mondes… sauf que selon la norme 13432, le sac Néosac n’est pas considéré biodégradable, même s’il le devient à terme. C’est le « à terme » qui pose problème. En effet, la norme 13432 prévoit que 90 % de la dégradation doit avoir lieu dans un délai de 180 jours, et comme on l’a vu, il faut plutôt au moins quatre fois plus de temps à Néosac. Sans cette norme, les débouchés de la grande distribution lui sont toujours fermés par des utilisateurs qui se sont engagés à la respecter. Mais il prospère sur des marchés plus petits et montre que les fabricants de sac se préoccupent aussi de l’environnement. Les recherches continuent pour essayer de diminuer la durée de l’oxo-dégradation. Affaire à suivre.

# Jean Poncet

Plus d’infos sur www.neosac.fr

 


Joomla SEF URLs by Artio

Review of Print - ROP Media 2012

Top Desktop version